Le statut micro simplifie la comptabilité — pas la responsabilité. Voici, dans l'ordre, les assurances d'un auto-entrepreneur : les obligatoires d'abord, les vitales ensuite.
1. Le bâtiment ? La décennale, non négociable
Si votre activité touche à la construction ou à la rénovation (maçonnerie, plomberie, électricité, pose de revêtements scellés…), la garantie décennale est obligatoire avant le premier chantier, micro-entreprise ou pas, et doit figurer sur vos devis et factures. C'est le premier poste du budget assurance — et le premier motif d'ennuis pour ceux qui « attendent de voir ».
2. Le véhicule : l'usage professionnel se déclare
Vous utilisez votre voiture ou votre fourgon pour l'activité (chantiers, livraisons, rendez-vous clients) ? L'usage professionnel doit figurer au contrat. Rouler en tournée avec un contrat « privé-trajet », c'est une fausse déclaration : l'assureur peut réduire ou refuser l'indemnisation après un accident en mission. Et pensez au contenu : l'outillage dans le fourgon relève d'une garantie spécifique, pas du contrat auto seul — le détail est sur notre page auto professionnelle.
3. La RC pro : rarement obligatoire, toujours structurante
Hors professions réglementées, la RC professionnelle n'est pas imposée par la loi — mais un dégât chez un client se paie sur vos biens propres sans elle, et les donneurs d'ordre l'exigent de fait. Pour quelques centaines d'euros par an, c'est le contrat au meilleur rapport protection/prix du statut.
4. La prévoyance : le trou du statut micro
C'est LE point aveugle de l'auto-entrepreneur : en cas d'arrêt de travail, les indemnités du régime obligatoire sont faibles, plafonnées, parfois quasi nulles selon votre ancienneté et vos revenus déclarés. Pas de salaire, pas d'employeur, pas de maintien : sans contrat de prévoyance, trois mois d'arrêt se paient cash. Le cadre Madelin ne s'applique pas au micro-entrepreneur pour la déduction, mais des contrats adaptés aux petits budgets existent — c'est une question de calibrage, pas de moyens.
5. Selon les cas : local, matériel, cyber
Un atelier ou un stock ? Une multirisque pro légère. Une activité qui vit sur la boîte mail et les devis en ligne ? Le risque de fraude et de piratage n'épargne pas les indépendants — les faux RIB sur devis visent d'abord les petites structures.
L'ordre des priorités, en résumé
Décennale si bâtiment → véhicule bien déclaré → RC pro → prévoyance → le reste selon l'activité. Le tout se calibre en une conversation : décrivez votre activité en 2 minutes, un agent général vous dit ce qui est obligatoire, ce qui est urgent, et ce qui peut attendre — sans vous vendre le catalogue.